Trois mois après la tentative de coup d’État contre Patrice Talon, les autorités béninoises intensifient leurs recherches. Un avis de recherche visant l’ancien chef des Forces spéciales, Pascal Tigri, a été diffusé avec une récompense de 20 millions de francs CFA pour toute information permettant son arrestation.
La tentative de coup d’État au Bénin survenue le 7 décembre 2025 continue de produire ses effets politiques et judiciaires. Les autorités béninoises ont lancé un avis de recherche visant neuf personnes soupçonnées d’avoir participé au complot contre le président Patrice Talon. En tête de liste figure le lieutenant-colonel Pascal Tigri, ancien chef des Forces spéciales de l’armée béninoise, considéré par la justice comme le principal organisateur de l’opération.
L’avis de recherche, diffusé par le Centre national d’investigations numériques (CNIN), promet une récompense de 20 millions de francs CFA pour toute information permettant de localiser et d’arrêter les suspects. Parmi eux figurent également les capitaines Castro Sambieni et Ousmane Samary, ainsi que plusieurs autres personnes présentées comme des complices présumés.
Selon les autorités, entre 100 et 200 soldats mutins auraient participé à cette tentative de putsch contre Patrice Talon. Les insurgés ont notamment attaqué les résidences de plusieurs hauts responsables militaires avant de tenter de prendre d’assaut la résidence privée du chef de l’État, puis la présidence. Les affrontements qui ont suivi ont finalement conduit à la défaite des mutins.
La Garde républicaine béninoise, appuyée par les forces armées nigérianes, a repris le contrôle de la situation après de violents combats. Le Nigeria a mené des frappes aériennes sur le camp militaire de Togbin, point de départ de l’insurrection, et déployé plus de 2 000 soldats pour sécuriser Cotonou. La France a également apporté un soutien en matière de surveillance et de sécurité.
L’enquête se poursuit sous la direction de Mario Metonou, procureur spécial de la CRIET. Plus d’une trentaine de militaires ont déjà été arrêtés dans le cadre de l’enquête sur cette tentative de coup d’État au Bénin.
Les services de renseignement béninois estiment que Pascal Tigri aurait fui le Bénin peu après l’échec du putsch, en passant par le Togo avant de rejoindre le Niger, où sa présence n’a toutefois pas été officiellement confirmée.