Les ADF tuent au moins 18 civils dans le territoire de Mambasa, en Ituri

La rédaction

juillet 27, 2026

Au moins 18 civils ont été massacrés le 22 juillet 2026 dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo. L’attaque, attribuée aux Forces démocratiques alliées (ADF), a visé plusieurs villages du groupement Mambembe-Bella. Le bilan, rapporté par la société civile locale, ne fait l’objet d’aucune confirmation officielle du gouvernement congolais à ce stade.

Une attaque de plus dans un cycle de violences récurrent

Les ADF, groupe armé d’origine ougandaise implanté dans l’est de la RDC depuis les années 1990, poursuivent leurs offensives contre les populations civiles de l’Ituri et du Nord-Kivu malgré les opérations militaires conjointes menées par les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF). L’attaque du 22 juillet s’inscrit dans cette série d’incursions meurtrières qui frappent régulièrement les zones rurales du territoire de Mambasa, l’un des épicentres de l’activité ADF en Ituri.

Le groupement Mambembe-Bella, ciblé lors de cette attaque, se situe dans une zone enclavée où l’accès des forces de sécurité reste difficile et où la présence de l’État congolais demeure structurellement faible. Cette configuration géographique et institutionnelle constitue l’un des facteurs durables qui permettent aux ADF de frapper et de se replier sans être neutralisés.

Les ADF, une menace persistante malgré les opérations militaires

Désignées organisation terroriste par les États-Unis en 2021 et liées, selon plusieurs rapports onusiens, à l’organisation État islamique sous l’appellation « Province d’Afrique centrale » (ISCAP), les Forces démocratiques alliées ont profondément muté depuis leur implantation initiale en RDC. De groupe rebelle ougandais à orientation islamiste, elles sont devenues une force de terreur locale dont les massacres de civils constituent le mode opératoire central.

Les opérations militaires conjointes FARDC-UPDF, lancées en 2021, ont certes dégradé certaines capacités logistiques du groupe, mais n’ont pas mis fin à sa capacité de nuisance. Les bilans humains continuent de s’accumuler, essentiellement rapportés par les réseaux de la société civile locale, en l’absence de mécanismes de vérification indépendants suffisamment déployés dans ces zones.

L’attaque de Mambasa illustre une réalité que les acteurs institutionnels — Union africaine, Nations unies, bailleurs bilatéraux engagés dans la stabilisation de l’est du Congo — peinent à traduire en réponse opérationnelle cohérente : les ADF restent une menace durable, dispersée géographiquement et sous-estimée dans les agendas sécuritaires régionaux, largement accaparés depuis 2022 par la crise du M23 dans le Nord-Kivu.

Le massacre du 22 juillet 2026 dans le territoire de Mambasa rappelle que la focalisation sur un front ne doit pas occulter la persistance des violences ADF, qui continuent de faire des victimes civiles loin des projecteurs médiatiques.