Au Mali, le budget de l’AGEFAU recule à 41 milliards FCFA pour 2026

La rédaction

août 3, 2026

L’Agence de Gestion du Fonds d’Accès Universel du Mali voit son enveloppe budgétaire fixée à environ 41,15 milliards de FCFA pour l’exercice 2026, en retrait par rapport au budget initial précédent. Cet ajustement rectificatif intervient dans un contexte de contraintes financières généralisées pesant sur les administrations publiques maliennes. Il soulève des interrogations sur la capacité de l’agence à maintenir le rythme de ses projets d’inclusion numérique.

Un recul budgétaire qui interroge les priorités

Les fonds d’accès universel ont été conçus, dans la quasi-totalité des pays de l’UEMOA, pour corriger les déséquilibres de couverture entre zones urbaines et rurales. Alimentés principalement par des prélèvements sur le chiffre d’affaires des opérateurs de télécommunications, ils constituent le principal levier public de financement de l’infrastructure numérique de dernier kilomètre.

Au Mali, l’AGEFAU est l’opérateur institutionnel de cette politique. Un budget prévisionnel de 41,15 milliards de FCFA pour 2026 représente une enveloppe non négligeable en valeur absolue, mais la nature rectificative de l’ajustement — c’est-à-dire une révision à la baisse par rapport à un montant initialement voté ou projeté — signale une tension réelle entre les ambitions affichées et les ressources mobilisables.

Cette tension n’est pas propre au Mali. Dans plusieurs États membres de la CEDEAO, les fonds d’accès universel souffrent d’un double problème structurel : des ressources collectées qui n’atteignent pas toujours les niveaux théoriquement prévus par les textes réglementaires, et des décaissements effectifs qui restent en deçà des budgets votés. Le résultat est une accumulation de retards dans le déploiement des infrastructures, particulièrement préjudiciable dans les zones enclavées du Sahel.

Un défi commun à l’espace UEMOA

La situation malienne illustre une difficulté plus large. Dans l’espace UEMOA, les politiques d’inclusion numérique reposent sur des institutions dont le financement est souvent procyclique : en période de ralentissement économique ou de contrainte budgétaire étatique, les dotations reculent au moment même où les besoins en connectivité restent, eux, structurellement élevés.

Pour les décideurs publics et les régulateurs sectoriels, la question centrale est celle de l’autonomie financière réelle de ces agences. Un fonds d’accès universel dont les ressources dépendent partiellement d’arbitrages budgétaires gouvernementaux perd une part de sa vocation originelle, qui est précisément de constituer une ressource dédiée et sanctuarisée.

Les investisseurs du secteur numérique, quant à eux, suivent ces évolutions de près : le niveau d’engagement public dans les infrastructures de base conditionne directement l’attractivité des marchés pour les acteurs privés, notamment dans les segments de la connectivité rurale et des services mobiles à valeur ajoutée.

La révision budgétaire de l’AGEFAU pour 2026 reste, à ce stade, un signal à surveiller davantage qu’un verdict définitif sur la politique numérique malienne — mais dans un contexte régional où les ressources sont rares et les besoins croissants, chaque recul budgétaire mérite d’être documenté avec précision.