La Guinée-Bissau a participé à un forum international sur le transport maritime et l’économie bleue organisé à Dakar, réaffirmant sa volonté de faire de sa façade atlantique un levier de développement. Le ministre des Transports, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Florentino Mendes Pereira, conduisait une délégation de haut niveau. L’événement, rapporté le 14 juillet 2026 par l’Agence de presse de la Guinée-Bissau, a rassemblé responsables politiques, autorités maritimes, experts et partenaires au développement autour des enjeux de gouvernance maritime et d’intégration régionale.
Un pays atlantique aux atouts sous-exploités
La Guinée-Bissau dispose d’une position géographique que peu de ses voisins immédiats peuvent revendiquer : une façade océanique, un archipel des Bijagós aux eaux poissonneuses et une situation de carrefour potentiel entre les corridors maritimes ouest-africains. Pourtant, le pays reste largement en marge des flux logistiques régionaux. Son port principal, à Bissau, souffre de déficits infrastructurels chroniques qui limitent sa compétitivité face aux hubs sénégalais ou ivoiriens.
La participation au Forum international sur le développement durable des transports maritimes et de la logistique dans l’économie bleue, tenu à Dakar, s’inscrit dans cette tension entre potentiel affiché et réalité opérationnelle. Les discussions ont porté sur la gouvernance maritime, la logistique portuaire et les mécanismes d’intégration à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest — autant de chantiers sur lesquels Bissau accuse un retard structurel documenté.
Coopération bilatérale et cadre régional
La rencontre a été l’occasion de réaffirmer l’engagement conjoint de la Guinée-Bissau et du Sénégal à approfondir leur coopération dans le secteur maritime. Les deux pays partagent une frontière maritime et des intérêts convergents en matière de pêche, de surveillance des eaux territoriales et de désenclavement logistique. Dakar, dont le port autonome figure parmi les plus actifs de la sous-région, peut représenter à la fois un modèle et un partenaire pour Bissau.
Cette dynamique bilatérale s’inscrit dans un cadre plus large : celui de l’intégration économique portée par la CEDEAO et l’UEMOA, dont la Guinée-Bissau est membre. Les politiques harmonisées en matière de transit, de cabotage et de normes portuaires constituent autant de leviers que Bissau peut activer — à condition de disposer des capacités institutionnelles et financières pour les mobiliser.
Des défis structurels qui conditionnent les ambitions
La présence de Florentino Mendes Pereira à ce type de forum signale une volonté politique réelle. Mais la trajectoire du secteur maritime bissau-guinéen bute sur des obstacles connus : insuffisance des investissements dans les infrastructures portuaires, instabilité institutionnelle récurrente, accès limité aux financements concessionnels, et faible attractivité pour les opérateurs privés internationaux.
L’économie bleue — pêche, aquaculture, tourisme côtier, transport maritime — représente théoriquement un gisement de revenus considérable pour un pays dont le PIB par habitant reste parmi les plus bas du continent. Mais sa valorisation suppose une gouvernance sectorielle stable, des autorités maritimes dotées de moyens réels et une vision stratégique traduite en politiques publiques cohérentes.
Le forum de Dakar offre une plateforme de visibilité et d’échange. Reste à savoir si les engagements qui y sont pris se traduiront en réformes concrètes et en investissements mesurables — la question centrale pour un pays qui n’en est pas à sa première déclaration d’intention maritime.