La Commission bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) a retiré leurs agréments à deux établissements financiers opérant au Niger et au Burkina Faso, deux pays actuellement dirigés par des juntes militaires. Les deux entités concernées — Zeyna et la Société burkinabè de crédit automobile (SOBCA) — ont été placées en liquidation à la suite de cette décision. Ces retraits d’agrément surviennent dans un contexte de tensions persistantes entre les autorités de transition et les institutions régionales.
Deux structures liquidées dans des pays sous pression institutionnelle
La Commission bancaire de l’UMOA a prononcé le retrait d’agrément de Zeyna, société de transfert d’argent établie au Niger, et de la SOBCA, spécialisée dans le crédit automobile au Burkina Faso. Dans les deux cas, la décision de l’autorité de supervision a directement entraîné la mise en liquidation des établissements concernés.
Ces deux pays partagent un profil institutionnel similaire : le Niger et le Burkina Faso sont tous deux gouvernés par des juntes militaires depuis respectivement juillet 2023 et janvier 2022, et ont quitté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en janvier 2025 aux côtés du Mali pour former l’Alliance des États du Sahel. Malgré ces ruptures politiques, ils demeurent membres de l’UMOA et soumis à la supervision de sa Commission bancaire.
La supervision prudentielle maintenue malgré les turbulences politiques
Le maintien d’une supervision active de la Commission bancaire dans ces deux États illustre la dissociation partielle entre les crises politiques et le fonctionnement des mécanismes de régulation financière régionale. L’UMOA continue d’exercer ses prérogatives de contrôle prudentiel sur les établissements de crédit et les sociétés financières opérant dans la zone, indépendamment des reconfigurations géopolitiques en cours au Sahel.
Le retrait d’agrément constitue la sanction la plus grave dans l’arsenal de la Commission bancaire : il signifie qu’un établissement ne remplit plus les conditions nécessaires à l’exercice de son activité, qu’il s’agisse de défaillances de gouvernance, de ratios prudentiels non respectés ou d’insuffisance de fonds propres. La liquidation qui s’ensuit engage un processus encadré de remboursement des créanciers et de clôture des opérations.
L’instabilité politique chronique dans ces pays complique le fonctionnement ordinaire des acteurs financiers locaux : accès restreint aux financements extérieurs, incertitudes réglementaires, ralentissement de l’activité économique et, dans certains cas, pressions sur les établissements de la part des autorités de fait. Ces facteurs peuvent fragiliser des entités dont la solidité financière était déjà limitée.
La mise en liquidation simultanée de Zeyna au Niger et de la SOBCA au Burkina Faso confirme que la Commission bancaire de l’UMOA maintient son rôle d’arbitre prudentiel dans la zone, même lorsque les contextes nationaux sont sous haute tension.