Resolute Mining relance son projet aurifère ABC en Côte d’Ivoire après un revers réglementaire

La rédaction

juillet 23, 2026

La compagnie australienne Resolute Mining annonce un nouvel investissement compris entre 10,4 et 17,4 millions de dollars pour redémarrer le développement de son projet aurifère ABC en Côte d’Ivoire. Cette décision intervient quelques mois après un revers réglementaire survenu en mai, qui avait mis à l’arrêt ce qui constitue le deuxième actif stratégique de l’entreprise sur le continent africain.

Un projet clé fragilisé par l’environnement réglementaire

Le projet ABC représente pour Resolute Mining bien plus qu’un actif parmi d’autres : il s’agit de la deuxième priorité stratégique de la compagnie, derrière son opération phare au Mali. L’incident réglementaire de mai, dont la nature exacte n’a pas été précisée publiquement, illustre un risque structurel bien connu des opérateurs miniers en Afrique de l’Ouest : la prévisibilité du cadre juridique reste un facteur déterminant dans les décisions d’investissement, parfois plus que la qualité intrinsèque du gisement.

La Côte d’Ivoire dispose pourtant d’un code minier révisé — promulgué en 2014 et amendé en 2019 — qui a été conçu précisément pour renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers. Ce texte encadre notamment les conditions d’octroi des permis d’exploration et d’exploitation, les obligations environnementales et sociales des opérateurs, ainsi que le régime fiscal applicable. Malgré ce cadre formellement modernisé, la survenue d’un revers réglementaire sur un projet aussi visible que le ABC interroge sur la distance qui peut subsister entre la lettre de la loi et son application administrative au quotidien.

Une enveloppe d’investissement qui témoigne d’une confiance maintenue

Face à cet obstacle, la réponse de Resolute Mining est notable : plutôt que de se retirer ou de geler le projet, la compagnie choisit de mobiliser une enveloppe d’investissement significative, entre 10,4 et 17,4 millions de dollars, pour préserver la dynamique opérationnelle du projet ABC. Cette fourchette large suggère que des scénarios de développement alternatifs sont à l’étude, selon l’évolution du contexte réglementaire local.

Ce choix de maintenir le cap envoie un signal positif sur la perception que Resolute Mining conserve du potentiel géologique ivoirien et, plus largement, de la trajectoire du pays comme destination minière. La Côte d’Ivoire s’est imposée ces dernières années comme l’un des producteurs aurifères les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest, aux côtés du Ghana et du Mali, avec une production nationale en progression régulière.

Un enjeu systémique pour l’attractivité minière ivoirienne

L’épisode Resolute Mining n’est pas isolé. Il s’inscrit dans un débat plus large sur la capacité des États ouest-africains à offrir aux investisseurs miniers un environnement juridique stable et prévisible. Dans un contexte où plusieurs pays de la région — Mali, Burkina Faso, Niger — ont adopté des postures de renégociation forcée ou de nationalisation partielle de leurs ressources, la Côte d’Ivoire dispose d’un avantage comparatif potentiel : celui de la continuité institutionnelle et d’une administration qui reste, en théorie, accessible au dialogue.

Mais cet avantage ne se matérialise que si les procédures administratives minières sont appliquées avec cohérence et transparence. Un incident comme celui de mai, même s’il est finalement surmontable, crée une incertitude qui se répercute sur le calcul de risque de tous les opérateurs présents ou potentiels dans le pays.

Pour Abidjan, l’enjeu est donc double : rassurer Resolute Mining sur la résolution rapide du blocage en cours, et démontrer à l’ensemble de la communauté minière internationale que le cadre réglementaire ivoirien est un levier de développement, et non un obstacle supplémentaire à surmonter.